« Nema problema » sur RFI

Diffusion aujourd’hui de mon interview dans l’émission « Accents d’Europe » de Radio France Internationale, pour présenter « Nema problema, comme elles disent ».

Je suis heureux que ces histoires de femmes dans l’après-guerre à Sarajevo puissent trouver un écho auprès des auditeurs de Radio France Internationale.

Sarajevo n’intéresse plus grand monde aujourd’hui. La roue de l’actualité tourne. Nous sommes passés « à autre chose ». Pourtant, là-bas, autour de la fontaine de Bascarsija, l’après-guerre continue de ronger les esprits, les rancoeurs, les haines sont toujours vivaces. Si j’ai écrit ces histoires, à mi-chemin entre réel et imaginaire, c’est pour garder une trace, pour entretenir la mémoire. Nous ne devons pas, nous ne pouvons pas oublier, ce qui s’est passé dans cette partie de l’Europe. C’est pourquoi je tenais à ce que ces portraits soient publiés. C’était une façon de, modestement mais sincèrement, faire ma part.


 

« Nema problema » sur Radio Campus Lille

Le 2 décembre, j’étais invité sur Radio Campus Lille, dans « Traverse », l’émission de Françoise Objois, pour parler de Sarajevo, de la Bosnie-Herzégovine et de mon livre, « Nema problema, comme elles disent« .

Vous pouvez retrouver le podcast de l’émission ici (j’interviens en deuxième partie). Mode d’emploi : il faut commencer par rechercher le jour (2 décembre), puis l’émission (Traverse)

Pourquoi « Nema problema » ?

Ne pas oublier. Garder une trace. Restituer cette ambiance d’après-guerre vécue à Sarajevo. Donner la parole à ces femmes qui, crânement, avaient décidé que la vie était malgré tout la plus forte. Voilà en quelques mots pourquoi j’ai écrit « Nema problema, comme elles disent », mon dernier livre paru cette semaine (Fauves Editions).

Nema problema… Pas de problème, en bosnien. Une expression que l’on peut entendre cent fois par jour à Sarajevo. Une façon, dans bien des cas, de conjurer le sort. Ainsi, les Sarajéviennes que je mets en scène dans ce livre défient le monde à coups de »nema problema ! ». Les femmes dont il est question ici sont réelles et imaginaires à la fois. Je les ai rencontrées ou j’ai croisé celles qu’elles auraient pu devenir. Souvent elles étaient plus intéressantes, plus intelligentes, que les hommes. Elles étaient plus nombreuses aussi (on comptait quatre femmes pour un homme à Sarajevo après la guerre).

Je me suis rendu sur place pour la première fois en mai 1996 (j’ai brièvement raconté cette découverte dans « Jours tranquilles à l’Est« ) puis, après quelques courts séjours chaque année, je m’y suis installé pour trois ans en 2000. La ville et le pays étaient alors placés sous le contrôle de ce machin diplomatico-militaire nommé « communauté internationale ». J’étais moi-même l’un de ces étrangers qui ne parlaient pas le bosnien et qui ne connaissaient rien à la culture locale. Le terrain était donc très favorable aux malentendus.

Je suis heureux aujourd’hui d’avoir pu raconter cette atmosphère bien particulière. Le temps a passé. Je ne suis pas retourné à Sarajevo depuis dix ans. Je garde un contact de loin en loin avec des amis et des amies là-bas, notamment grâce aux réseaux sociaux. Certaines Sarajéviennes se reconnaitront peut-être si elles lisent le livre. Ce ne sera pas le fruit du hasard. J’espère qu’elles ne se sentiront pas trahies.

  • « Nema problema, comme elles disent ». Sarajevo, après-guerre. Fauves Editions. Disponible en format papier et numérique. En librairie et chez l’éditeur.

De bien belles rencontres

Un texte publié aujourd’hui sur BH Info par Zehra Dreca-Sikias m’a touché. Ma première rencontre avec Zehra remonte à 1996, à Sarajevo. Après avoir vécu la guerre et le siège de sa ville, Zehra voulait étudier le journalisme en France. Quelques mois plus tard, Zehra a pu intégrer l’ESJ Lille. Depuis, elle a fait du chemin, beaucoup de chemin même. Pourtant ce cri de colère qu’elle partage sur le site qu’elle a créé, est un un terrible constat de notre échec en Bosnie-Herzégovine. Pas le sien : le nôtre. Echec collectif des Bosniens mais aussi bien sûr de la « communauté internationale ».

Depuis une trentaine d’années, j’ai eu la chance de découvrir, voire d’accompagner, pas mal de jeunes journalistes ou apprentis journalistes. Il y a eu beaucoup de belles rencontres, comme celle que j’évoque ci-dessus avec Zehra. Je voudrais dire ici que ces moments, ces morceaux de vie, ont fortement marqué mon parcours professionnel. Certains de ces jeunes – qui le sont moins aujourd’hui – sont devenus des amis. Pour certains, j’ai été leur « professeur » (c’est eux qui emploient ce terme, jamais moi), mais pour la plupart je n’ai été qu’un passeur, un médiateur. J’étais là pour leur indiquer une voie possible. Libre à eux de la suivre ou pas. Et lorsqu’on se préoccupe à la fois de formation au journalisme et de coopération internationale, quoi de plus vivifiant que de croiser la route d’un(e) futur(e) journaliste et de cheminer ensemble un moment ? Lire la suite De bien belles rencontres